La tablette reMarkable – presque du papier

On nous promet depuis longtemps d’un futur sans papier. Et j’ai drôlement hâte que ça arrive. C’est pourquoi j’avais envie d’essayer la tablette reMarkable depuis son annonce. C’est une tablette mince et légère, avec un écran de 10,3 pouces de diagonale, qui utilise du papier électronique plutôt qu’un écran DEL comme celui du iPad et de la plupart des tablettes. Le gros avantage? Le contraste est excellent, avec peu de reflets.

Cliquez ici pour voir ma chronique à Planète techno sur la tablette reMarkable.

Vraiment comme du papier?

En utilisant le stylet… Ça donne vraiment l’impression d’écrire sur du papier! Le papier répond rapidement , et c’est assez précis; 2048 niveaux de pression sont détectés. On peut choisir d’écrire à la mine, à l’encre, un pinceau et un surligneur avec différentes tailles de pointes, mais seulement en gris, en noir et en blanc. Si on utilise l’efface, l’écriture disparaît après une fraction de seconde, l’effet est un peu magique. Et lors de la configuration de départ, on nous demande si on est gaucher ou droitier; le menu s’affichera en conséquence.

Beaucoup de modèles de page

Pour guider son écriture, il y a des modèles de feuilles lignées, quadrillées, des calendriers et des listes de choses à faire. Les pages écrites sont sauvegardées automatiquement dans les nuages par wifi; on peut les consulter avec une application dans son ordinateur ou son téléphone intelligent.reMarkable App macOS

Pour l’instant, seul le transfert des documents PDF ou EPUB est supporté. Il faudra donc convertir ses fichiers Word ou Excel si on veut les annoter.

La pointe du stylet s’use!

Avec un cahier électronique, il n’est pas nécessaire d’aiguiser son crayon? Mais pour obtenir un frottement similaire à celui du papier et du crayon, la pointe du stylet va s’user avec le temps. Des pointes de rechange (10) sont incluses; il y en a d’ailleurs une cachée dans un logement dans le stylet. Il faudra ensuite s’en procurer d’autres sur le site, au coût de 17 CAD pour 8.

Résolution limitée

Mes notes sur la tablette reMarkable, prises avec la reMarkable. (Cliquez pour voir mon écriture de près!)

Les pages crées sont d’une résolution de 1872×1404 pixels. Les pages sont partagées en format PNG, pas dans un format vectoriel. L’écriture devient moins lisse et vite pixelisée si on veut agrandir l’image ou l’imprimer pleine page en format 8 ½ par 11. Et il n’y a pas de reconnaissance d’écriture – ce qu’on écrit ne sera pas converti en texte comme avec d’autres solutions.

Les pages sélectionnées peuvent être transmises par courriel sans passer par son téléphone ou son ordinateur.

Potentiel de mise à jour

Il y a beaucoup de potentiel de mise à jour pour améliorer la compatibilité avec plus de formats de fichiers, ajouter des modèles de feuilles, ou permettre le partage à une imprimante (on peut déjà envoyer le document par courriel à une imprimante compatible – la plupart des imprimantes récentes ont une adresse de courriel).

Et en ce moment, le menu n’est qu’en anglais.

Il y a un mode LiveView, en Beta, pour partager en temps presque réel ce qu’on dessine sur sa tablette sur un écran d’ordinateur. Ça fonctionne plutôt bien – il faut toutefois que les deux appareils soient sur la même connexion internet.

Comme liseuse?

Comme la tablette permet d’importer des livres EPUB et des PDF, on peut s’en servir pour lire des livres électroniques; il faut toutefois utiliser des livres non protégés, la reMarkable n’étant pas associée aux librairies Amazon ou Kobo (et pas non plus des bibliothèques). On peut toutefois annoter ses documents avec le stylet. Il faudra toutefois faire attention à ne pas changer la taille du texte, sinon les notes ne correspondront plus.

Le rafraîchissement de l’écran lors d’un changement de page est assez visible, avec un scintillement dérangeant chaque 5 pages environ; ça va pour des lectures en prenant des notes, mais ce n’est pas très agréable pour la lecture relaxe d’un roman; ceux qui espéraient remplacer une liseuse par le reMarkable seront déçus. De plus, il n’y a pas de rétroéclairage pour lire le soir.

Pas encore la fin du papier, mais…

Évidemment, un iPad Pro ou un ordinateur Surface avec le stylet permettent de faire beaucoup plus, et en couleur. Mais la sensation n’est pas celle du papier. Depuis mon essai dans une chronique de Planète techno, j’ai pris goût au Moleskine Smart Writing set (cliquez pour voir la chronique); les pages sont numérisées rapidement, faciles à partager, et on conserve la rapidité d’accès du cahier papier pour retrouver. Et j’aime toujours le système RocketBook: un cahier qu’on numérise rapidement au besoin. La grande question se pose entre les deux: est-ce qu’on préfère charger le papier ou le crayon?

Et si la reMarkable ne remplace ni une tablette ni une liseuse, elle coûte plus qu’une Kindle et un iPad: 879 CAD.

(J’ai une fascination pour les façons d’écrire coûteuses!)

Chose certaine, la tablette reMarkable nous rapproche d’un futur ou le papier sera comme les cassettes audio et les disques vinyle: quelque chose que seuls les nostalgiques et les hipsters vont utiliser…

P.