93% des utilisateurs de Facebook partagent n’importe quoi [VIDÉO]

93% des utilisateurs de Facebook partagent n'importe quoi

Une statistique choquante qui fait réagir: selon une étude, 93% des internautes ne vérifient pas la source et ne lisent que le titre avant de partager un article sur Facebook. Comment en sommes-nous arrivés là? Il est pourtant facile de prévenir cette situation!

Mais le plus fou, c’est que cette étude n’existe pas – j’ai choisi le 93% au hasard.

Trop de gens partagent des articles sans les lire, sans trop réfléchir ni en vérifier le contenu. Et chaque fois, ça me brise le cœur.

Écrire ce billet m’a demandé une dizaine de minutes. C’est facile – j’invente tout! Je prédis pourtant qu’en raison de son titre accrocheur, il sera plus populaire que bien des billets qui m’ont demandé des heures d’essai et de recherche.

L’Office for Science and Society de l’Université McGill a mis en ligne ce vidéo génial – This NATURAL TRICK can CURE YOUR CANCER – qui illustre pourquoi il ne faut pas se fier au contenant pour accepter du contenu sans réfléchir. De la musique enjouée, des images surprenantes, ça ne veut pas dire qu’une solution miracle est vraie!

Et cet autre vidéo – Arrêtez d’être idiot sur internet! – me fait beaucoup rire. Si on voit sur internet que les serpents ont des jambes…

Pourquoi on s’empresse de partager du contenu ridicule « parce qu’on l’a vu sur internet »?

On ne veut pas réfléchir, on veut réagir

Yvon Deschamps disait « On veut pas le savoir, on veut le voir! » dans son monologue Cable TV.  À l’époque, ça résumait bien l’effet abrutissant des nombreux canaux du câble…

Pourtant, le câble, c’est de la petite bière par rapport aux millions de sources d’information de qualité douteuse sur internet – combiné avec la possibilité de réagir immédiatement. C’est maintenant « On veut pas réfléchir, on veut réagir! » Tant pis si ce qu’on partage est faux, complètement inventé ou même dangereux, ou que c’est une infopub – du contenu payé par une marque…

Le rédacteur en chef c’est vous

Dans les médias traditionnels, il y a un rédacteur en chef pour évaluer le contenu. On tenait compte de la crédibilité et du nombre des sources. Quelqu’un validait l’information avant de la retransmettre. Si c’était une rumeur, on en parlait comme tel. Dans les journaux sérieux, les titres n’étaient pas racoleurs et donnaient une idée du contenu de l’article. C’est la grande différence entre « Avicii est décédé » et « Cet artiste populaire est décédé! », un titre qui nous force à cliquer pour savoir de qui il s’agit. En anglais on dit « Curiosity killed the cat »; mais la curiosité tue aussi les médias qui respectent votre temps et votre intelligence, parce qu’ils ont moins de clics que les médias qui abusent des titres pièges à clics (clickbait).

Facebook peut faire sa part pour limiter la propagation du contenu bidon… Mais ne l’empêchera pas complètement tant qu’il restera des utilisateurs qui le partage allègrement.

Les fausses nouvelles se propagent plus vite que les vraies

Rappelez-vous que les fausses nouvelles circulent plus vite que les vraies. Avant de partager quelque chose sur les médias sociaux, vérifiez donc sa source et la véracité du contenu. Est-ce que c’est une infopub pas subtile? Un conseil de santé provenant d’un site qui parle d’anges, d’homéopathie et d’extra-terrestre? Un remède miracle dévoilé sur un site de concours?

Si c’est le cas, abstenez-vous de partager. Les médias sociaux – et les médias tout court – s’en porteront mieux.

”93% Click To Tweet” username=”pascalforget”]

P.

P.-S. Et que dire du problème des fausses critiques et des faux abonnés sur les médias sociaux, qui peuvent à peu de frais amplifier la réputation d’établissements et la notoriété imaginaire d’influenceurs autoproclamés?